Article 12: Waking up in a surveillance society

Article 12: Waking up in a surveillance society


Il y a cinq millions d’années, les hommes ont commencé à construire leur monde. Ils sont allés habiter en ville. Et les gens vivraient toute leurs vies au milieu d’une organisation à la fois sociale et physique construite par les hommes. Aujourd’hui, nous entrons dans la première phase, en 5000 ans, qui est vraiment analogique. Nous poussons notre société vers des canaux de télécommunications transmis par les ordinateurs. Alors, les décisions que nous prenons aujourd’hui auront un effet sur le fonctionnement de la société pendant longtemps. La vie privée est devenue une question de pouvoir. Notre pouvoir, leur pouvoir, quels qu’ils soient. Ce n’est pas seulement un ensemble de règles juridiques qui déterminent les paramètres d’utilisation des données. Ce n’est pas le problème. Le problème est de comprendre que c’est un droit ancien, un droit precieux et fragile qui doit être préservé. Et si l’on doit le préserver en militant de manière agressive enfreignant des lois, alors qu’il en soit ainsi. Car c’est l’histoire de la protection de nos droits. J’ai souvent pensé qui est responsable de la disparition de la vie privée au Royaume-Uni ? En vérité… C’est tout le monde. Ce ne sont pas seulement les ennemis habituels, les méchantes entreprises ou les gouvernements Big Brother. Ce sont les gens qui permettent à ces entités d’exister et de se développer. Les gens s’immiscent dans la vie privée, comme les gouvernements et les entreprises. Les gens sont fascinés par ce qui se passe dans la vie des autres. Les voisins épient les voisins, famille après famille. Nous avons découvert un jeu. La surveillance est un jeu accessible à tout
le monde. Et tout le monde y joue. C’est pourquoi les gens ne s’attaquent pas au gouvernement parce qu’ils disent : “J’écoute les conversations de mes employés. “J’espionne ma femme.” “Je contrôle les appels de mes enfants, “alors ce qu’il fait le gouvernement n’est pas si grave.” Et ceux-ci sont le cœur de notre problème. Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes. La vie privée représente la dignité humaine. Elle représente mon droit et votre droit à la personnalité et caractère. Elle représente mon droit à l’intimité, d’être honnête avec moi-même et de ne pas être forcément vulnérable face à vous. La façon dont je me vois est essentielle, même Sigmund Freud a décrit ainsi la vie privée. Même certains aspects de nos vies sont privés, tel que le subliminal. La condition humaine comprend plusieurs états de conscience. Je dévoile certains aspects à travers notre relation, mais j’ai le droit de cacher d’autres aspects. La vie privée consiste à ne pas avoir à révéler des informations sans avoir de bonnes raisons de les révéler. C’est de pouvoir limiter les informations dans le domaine public aux celles strictement nécessaire. C’est la paix et le calme. C’est ne pas être épié. Est-ce que je peux vous filmer dans votre maison? Est-ce que je peux venir chez vous et vous filmer? Qu’avez-vous à cacher? Peux-je voir vos relevés de comptes? À combien s’élève votre salaire? Combien gagnez-vous? Quand avez-vous pris des drogues pour la dernière fois ? Quelles sont vos pensées les plus intimes ? Tout le monde a quelque chose à cacher. Ce n’est pas secret, c’est privé. OK, déshabillez-vous. Pardon, mais je ne vois pas pourquoi un officier des douanes, un policier, un homme politique, ou un officier des forces spéciales, pourrait-il détenir mes informations personnelles en toute confiance ? Depuis quand sont-ils devenus Superman? Depuis quand sont-ils devenus incorruptibles? C’est malsain de vivre dans un monde où vous devez tout révéler, et si vous ne révélez pas tout, vous devez avoir quelque chose à cacher. Oui, en effet. C’est ma vie privée. J’aimerais la garder privée. La vie privée était un phénomène naturel il y a deux cents ans. Avant l’électronique, vous n’aviez qu’à faire quelques pas en vous éloignant des gens et vous pouviez avoir une conversation privée. C’est uniquement dans des endroits extrêmes, comme les prisons, que les gens ne pouvaient pas avoir droit à des entretiens privés. Aujourd’hui, une personne du domaine public, quelque soit son pouvoir une peut avoir une conversation privée, en tant qu’individu. C’est la transformation d’un droit naturel pour l’homme, quelque chose qui ne peut être obtenu que grâce à la confiance d’un groupe significatif d’individus. Toute personne prête à échanger un peu de liberté contre un peu de sécurité n’obtiendra aucune des deux. Je pense que la vie privée fait partie de cette catégorie. Le monde moderne, les moyens d’information modernes, permettent de voir ce qui se passe dans la société, dans la ville, et de l’enregistrer, peut-être pour toujours. Cela va à l’encontre de l’attente des citoyens d’une démocratie, que les gouvernements ne les espionneront pas tout le temps. Quand vous ajoutez les tensions causées par le terrorisme et le désir des citoyens de vivre en sécurité, que personne ne leur fasse de mal, vous obtenez un mélange complexe entre ce que permet la technologie, ce que la structure politique et les citoyens permettront, ce que la structure politique et les citoyens demandent en termes de sécurité et ce qu’ils seront prêts à abandonner de leurs vies privées pour se sentir, peut-être, plus en sécurité. C’est ce qui touche toute la société. Prenez la sécurité. La sécurité m’intéresse parce que c’est un mécanisme humain essentiel. Vous reconnaissez votre famille, vos amis, vos collègues. C’est la mesure de sécurité la plus essentielle que tout le monde prend dans sa vie. Si vous ne pouviez pas reconnaître les personnes de confiance, les gens dont les intérêts sont les mêmes que les vôtres, vous ne pourriez pas vous sentir en sécurité. C’est pour cela que je dis que l’identification est le phénomène de sécurité le plus essentiel et c’est un phénomène essentiel de la culture humaine. Se sentir en sécurité est avoir le sentiment que j’aurai la même journée demain qu’aujourd’hui. Ce qui veut dire que je sais que mes chances d’exploser dans un restaurant ou dans un bus sont moindres. Je me sens en sécurité. Les chances d’être attaquée ou enlevée sont moindres. Cela veut dire qu’on peut prévoir un peu sa vie, que je n’ai pas à m’inquiéter de l’inconnu, et que je n’ai pas à m’inquiéter d’un lendemain catastrophique même si aujourd’hui ne l’était pas. Ma vie privée est plus attaquée si quelqu’un me fait exploser dans un bus que si quelqu’un me demande une pièce d’identité. Sécurité et vie privée, les gens disent qu’elles ne s’accordent pas. Parce que si je suis anonyme, le terroriste l’en est aussi. Mais en fait, ce n’est pas vrai. Parce que, que quelqu’un sache qui je suis n’est pas un danger en soi. Si quelque chose de grave se passe dans une société, où vous voyez que les gens vivent dans la peur du lendemain, alors vous savez que la sécurité dans cette société a été affaiblie et vous pouvez prévoir que dans une démocratie, l’affaiblissement de la sécurité apportera des changements. Dans ma société, les gens ont l’habitude d’attaques terroristes. Et c’est pourquoi ils sont prêts à sacrifier un peu d’espace personnel pour ne pas être attaqués. Nous avons ce qui seraient aux USA des fouilles illégales des sacs quand les gens vont dans les centres commerciaux. Ils vérifient toujours votre identité. Ils peuvent vous demander une pièce d’identité pour vérifier qui vous êtes vraiment. Et les gens acceptent sans problème. Mais la sécurité est nécessaire pour un citoyen, uniquement s’il croit qu’il peut être attaquée. S’il croit qu’il n’est pas en danger, alors il n’acceptera pas tout. S’il pense qu’il est en danger, il accepte l’intrusion dans sa vie. Il y a différentes façons de considérer la sécurité. À un niveau national, c’est la capacité de l’État Nation d’accomplir ses objectifs stratégiques, d’assurer la sécurité de son peuple, le bon fonctionnement de l’économie et la sécurité du mode de vie de sa population. Voilà Ground Zero. Les avions se sont écrasés et les gens ont été écrasés parce que les immeubles se sont effondrés. Celui-là est tout neuf, mais je regarde ça et je leur dis ça. Ils regardent les fissures et ils comprennent ce qu’ils voient. Voilà la construction écrasée par l’immeuble. Ils vont les remplacer par cinq nouveaux immeubles. Ils construisent celui-ci en ce moment. L’autre, devant lequel vous étiez, est fini. Et j’ai vu un policier s’approcher et je lui ai dis : eh ! La sécurité, les caméras sont partout, même sur les ponts. La sécurité a changé. L’Amérique s’est réveillée. Vous voyez la sécurité, les gardes armés.Et je dis aux jeunes… Les gens paniquent. Ils disent: “Oh mon dieu”. Ils ne font pas attention. Il y a des Américains qui viennent ici. “Oh, rien n’a changé.” Non, tout a changé. Je dis aux jeunes, je m’en fous de ce que vous voyez. Je peux vous montrer les caméras sur le pont. Le11 septembre a fait ça. Oh non, on n’en parle pas. Pourquoi ? Vous êtes un policier, vous devriez en parler. Non, on nous a dit de ne pas en parler. De ne pas parler de la signification de Ground Zero? Vous n’en parlez pas? Pourquoi? La peur fait beaucoup de choses. Pendant des années, l’Amérique a ignoré le reste du monde. L’Amérique seule. Non, c’est le monde! Ils n’enparlent pas. Ils disent : “Ground Zero”. Mais pas beaucoup de gens comprennent que la peur qu’ils injectent, c’est comme des œillères. Je ne vois pas, donc ce n’est pas vrai. Je ne le vois pas, non. Je dis aux gens, si vous ne voyez pas que le monde a changé, alors vous dormez déjà. Le 11 septembre a carrément changé l’Amérique, carrément. Mais il y a des gens qui ne le savent pas. Il y a des gens qui passent et qui ne savent pas ce qu’ils voient. Les actions ont des conséquences. Toute cette… surveillance est motivée, soit disant, par le besoin de protéger la société de la terreur. Et oui, la société veut être protégée de la terreur. Mais il est bon de se rappeler que ce n’est pas une des priorités des gouvernements. Par exemple, prenez l’invasion de l’Iraq. Les services de renseignements savaient très bien, les analystes et le congrès aussi, que l’invasion de l’Iraq augmenterait le niveau de terreur. Ils le savaient, mais ils ont envahis tout de même. Les enjeux étaient plus importants que de protéger le peuple. Et en effet, le niveau de terreur s’est élevé. Selon les chiffres du gouvernement, elle a augmenté d’un facteur de 7. C’est une grosse augmentation après l’invasion de l’Iraq. Et il y a d’autres exemples. Les terroristes gagnent lorsqu’ils forcent les gouvernements à réduire nos libertés. La façon dont il faut répondre au terrorisme est de rester libre, de ne pas abandonner nos libertés, de conserver notre mode de vie. Quand Tony Blair était Premier Ministre du Royaume-Uni, le même jour que les attentats à la bombe du métro londonien, le 7 juillet, il y a environ 2 ans, il a dit: “Les terroristes ne changeront pas nos habitudes.” Puis, ils ont introduit de nouvelles lois, des restrictions des libertés, plus de surveillance, etc. La victoire appartient aux terroristes. Pendant longtemps, depuis la fin de la guerre froide en fait, il existe une enquête des entreprises spécialisées dans les produits de sécurité, surtout celles qui vendaient aux armées pendant la guerre froide, pour trouver une nouvelle façon de vendre leurs produits, et par les gouvernements pour justifier les sommes qu’ils investissent dans les services de sécurité. Le 11 septembre a fourni un prétexte pour ces investissements et ce genre d’époque. Nous vivons dans une société obsédée par la sécurité depuis longtemps, tout le 20e siècle, et sans doute plus. Il est important de se rappeler aussi que cela remonte au tout début de la société civile. La sécurité est à l’origine de la création des villes, pour la défense, pour le contrôle par le maître de leur territoire, par le contrôle des gens dans un endroit, par la surveillance de dangers externes et internes. Mais aujourd’hui, ce qui a changé récemment, c’est le symbolisme associé à la sécurité. La sécurité ne veut presque plus rien dire en soi. C’est devenu quelque chose qui est offert de manière symbolique, pour se faire bien voir, pour que les gens se sentent mieux. La surveillance signifie qu’on est sujet à un examen minutieux. Cela peut être un examen physique minutieux, ou un examen financier minutieux, ou un quelconque examen sur vous. La plus simple surveillance est une caméra dirigée sur vous qui enregistre tous vos mouvements. Savez-vous que du moment où vous vous levez au moment où vous vous couchez, si vous appelez sur votre portable, si vous utilisez une carte de crédit, votre carte de bus, si vous passez par un lieu public, si vous allez chez le docteur, si vous allez à la poste, tout ce que vous faites laissera une trace. Et si quelqu’un voulait raconter une histoire sur vous, il le pourrait. Nous avons maintenant des endroits publics, électroniques et physiques, qui sont surveillés dans le monde entier et tout le temps. Vous pouvez choisir un individu et si vous êtes intéressé par cet individu qui est une personne normale, qui a une carte de bus, un téléphone portable, une carte de crédit, qui regarde la télévision et utilise un ordinateur, une personne ordinaire dans la société, vous pouvez faire une liste précise, de ce que cette personne a fait dans la journée. Quand vous allez à la banque, votre aptitude pour un prêt est évaluée via ces transactions, via votre valeur pour l’entreprise. Les gens qui sont considérés être un risque pour ces entreprises seront les premiers auxquels on refusera des services, des hypothèques, des assurances, des services bancaires. Il existe un vaste déploiement de millions de caméras vidéo, équipées de logiciels de reconnaissance faciale, pour reconnaître les gens qui marchent dans la rue, et voir où va tout le monde tout le temps, pour suivre les gens partout où ils vont. Nous utilisons des GPS dans nos voitures. Ils sont une forme de surveillance, connectés à un système militaire américain, mais ils sont très utiles dans la vie de tous les jours. Aujourd’hui, le gouvernement a admis que tous les jours, il enregistre 50 millions d’immatriculations et les conserve dans un système centralisé, pour suivre les véhicules en temps réel, dans tout le pays. Tous les véhicules, pas seulement ceux suspects. C’est de la surveillance à son plus haut niveau. Quand vous payez avec votre visa, vous laissez une marque de votre passage. Il est facile, une fois que ous avez laissé des traces sur tous ces systèmes, de retrouver ces petits bouts de preuve, pour faire un dessin de qui vous êtes, de ce que vous êtes, vos fréquentations, vos intérêts. On part des empreintes numériques que vous créez à partir de la personne, de l’image numérique. La plupart de nos gestes au travail sont surveillés. Il existe un examen vraiment minutieux des gestes des gens. Le nombre de frappes d’un individu sur un
clavier, le chiffre de vente d’un individu, le temps passé au téléphone avec chaque client. Ces formes très intenses, heure par heure, minute par minute, seconde après seconde, de contrôles au travail, sont de plus en plus tolérés par les gens pendant leur travail. Ils regarderont vos emails. Ils liront vos emails. Ils écouteront vos appels, verront à quelle heure vous partez. Ils ne s’arrêteront pas là. Ils verront votre vie personnelle parce qu’ils iront sur votre page Facebook, ils liront vos tweets. Ils regarderont vos vidéos sur YouTube. Vous les aidez en leur donnant ces informations, en les partageant avec eux, en rendant votre nom accessible et en y assimilant des choses que vous ne voulez pas assimiler à votre nom. Mais ils contrôleront votre vie et ils pourront imposer, ils pourront dire: “Nous savons que vous fumez. Si vous continuez de fumer, “vous ne bénéficierez pas de l’assurance santé “que nous offrons et dont vous avez besoin pour survivre.” Et c’est le piège dans lequel beaucoup de gens tombent. Ils doivent travailler pour conserver leur style de vie et ils changeront ce que l’entreprise leur dit de changer pour continuer de le faire. C’est un pouvoir, c’est un vrai pouvoir. Quand vous utilisez une carte de métro électronique, vous laissez une empreinte de là où vous allez. Bien sûr, les empreintes vous mènent à la source, au futur. Regardez ces empreintes, elles disent beaucoup sur un individu. Si vous allez dans un magasin, si vous achetez quelque chose avec une carte de crédit ou de débit, ces transactions sont enregistrées. Ces informations vont dans une base de données sur vos habitudes de consommateur, qui sont rassemblées pour faire un portrait de vous, que les entreprises utilisent pour vous vendre des produits, ou pour essayer de vous vendre des services. Il y a deux ans, à une conférence, je parlais à un dirigeant d’entreprise de cartes de fidélité qui m’assurait qu’avec les habitudes des consommateurs, ils pouvaient identifier la sexualité des gens. Ils l’utilisaient souvent pour trier les informations. Si vous pensez que vous dissimulez votre sexualité, il se pourrait que les entreprises qui analysent vos achats pensent pouvoir, avec l’aide de logiciels, de formules, identifier un modèle qu’ils considèrent comme représentatif de sexualités. Dans certains cas, vous ne voulez peut-être pas, par exemple, ue tout le monde sache, que quand vous achetez de la viande, vous achetez de la viande halal ou casher. Dans la plupart des pays, cela n’aurait aucune importance. Mais il existe des pays, il n’y a pas si longtemps, et peut-être dans un futur proche, où ce genre d’informations pouvait être très délicat. De plus en plus, les compagnies d’assurance s’intéressent aux habitudes alimentaires des gens, à leur consommation d’alcool, pour calculer leur espérance de vie Google détient le plus grand nombre d’informations sur ce que vous faites sur internet. Maintenant que nos vies sont en ligne, Google a énormément de pouvoir. Ces fournisseurs d’internet n’ont pas été
responsables du tout sur le partage des données. Yahoo et Google sont tous les deux coupables d’avoir
donné les informations et les habitudes sur le net des activistes, des journalistes en
Chine aux autorités chinoises. On peut se demander quelle est la
responsabilité de ces entreprises. Si nous vivons dans une société de
surveillance, une société d’informations, comment contrôlez-vous le flux
d’informations sur vous? D’après les lois de protection des données, on
les considère comme n’étant que vos informations. Vous avez un droit dessus, vous
avez la possibilité d’intervenir, devous assurer qu’elles sont
vraies et non partagées inutilement. Mais je pense qu’on peut aller plus loin. Nous devons considérer ces
informations comme étant quelque chose de semblable à la personne physique, faisant partie d’un tout qui fait de vous, de moi, une
personne. C’est, en quelque sorte, nous. Cette personne numérique, cette ombre numérique,
cet autre vous, qui existe à l’intérieur d’une base de données, devient plus important que ce
qui arrivera durant
votre existence que votre vraie personne physique. Les choses que l’on peut faire
à votre personne numérique sont plus importantes que ce qui
se passe dans votre vie. Il faut reconsidérer la citoyenneté de ces
sujets numériques, reconsidérer leurs droits. Une relation avec un état n’est pas juste le fait qu’ils détiennent des informations sur vous, ou une relation avec des entreprises n’est pas juste le fait
qu’elles détiennent des informations sur vous. Je pense que nous devons libérer nos personnes numériques.
Nous devons créer un Habeas Corpus numérique, pour détenir les droits sur notre personne numérique et physique. Nous sommes en train de créer une société de
surveillance à laquelle il sera difficile d’échapper. Nous devons nous réveiller,
reconnaître le problème et réagir. Nous devons imposer des limites
aux entreprises sur ces données. Nous devons imposer des limites aux gouvernements. Nous devons limiter l’utilisation de ces données par le gouvernement. Ils disent qu’ils veulent les
utiliser pour attraper Al Qaeda. Ça semble être un motif avec lequel
beaucoup de gens seraient d’accord. Mais quand ils les utilisent pour plein d’autres
choses, cela compromet nos libertés. Aux USA, les lycées donnent les informations sur les lycéens, à moins qu’un parent ou que le lycéen appelle l’école et demande de ne pas donner
d’informations sur leurs enfants. C’est comme la lecture, l’écriture ou l’arithmétique. Maintenant, c’est la lecture, l’écriture et le recrutement. Les noms de millions de jeunes qui ont 16, 17 ou 18 ans, sont transmis au
Pentagone par les écoles. Les chasseurs de têtes militaires reçoivent ces informations. ls appellent les enfants sur leurs mobiles.
Ils apprennent à les connaître. Ils obtiennent leurs données,
et ils évitent leurs parents. Ils essaient de les faire s’enrôler dans l’armée. Il existe un groupe d’opposants au
recrutement aux USA qui disent: “Non, vous n’aurez pas les
informations sur nos enfants.” Et nous le voyons encore et encore, e différentes manières. Jet blue airlines, une compagnie aérienne civile, a donné les noms de millions de leurs passagers après les attaques du 11 septembre au Pentagone. Quand les gens sont mis sur une liste anti-
terroriste, ils ne savent pas comment en sortir. LES SOCIÉTÉS DE SURVEILLANCE Une société de surveillance mondiale est en train de se créer. Les efforts des USA pour
créer un système de surveillance mondial qui couvrira le monde entier pour des raisons
militaires, politiques et économiques. Vous pouvez voir un réseau de satellites équipés
de caméras qui peuvent faire toutes sortes de choses. Ils peuvent fournir des signaux GPS aux forces
armées et aux civils qui ont un mobile. Ils peuvent prendre des photos
très détaillées des villes, jusqu’à une personne, même
encore plus détaillée que ça. Ces caméras existent et les
satellites font le tour du monde. Nous avons vu ces dernières
années l’introduction des UAV, véhicules aériens non-pilotés, pas seulement sur les
champs de bataille, mais aussi dans les rues des villes des démocraties occidentales. Mais nous devons nous rappeler que le FBI aux USA construit ce qu’il appelle un
“server in the sky”, serveur aérien. Le but est de connecter les bases
de données du monde entier, de transférer ces informations
vers les ordinateurs du FBI pour identifier les criminels internationaux, les terroristes, etc. Vous avez les sociétés comme le Royaume-Uni,
qui sont retranchées et observées, via des moyens de surveillance
sans précédent dans le monde. Avec plus de caméras dans les lieux publics,avec plus de lois qui
permettent l’intrusion dans la vie privée et le retrait de certains droits
comme jamais auparavant. Le Royaume-Uni est une société de surveillance sans précédent. Je suis allé à Londres et à Singapour la même année. J’étais sidéré de voir que Londres
était un tel état de surveillance. Je pensais que Singapour serait très
“George Orwell”, très “Big Brother”, mais rien ne bat Londres sur son côté “George Orwell”. Vous avez les haut-parleurs qui vous disent quoi faire. out le monde a peur tout le temps que
quelque chose se passe à tout moment. Vous devez toujours être aux aguets. Je pense qu’on peut considérer Londres comme un avertissement de ce qui pourrait arriver ailleurs. Vous n’avez certainement pas une baisse de la criminalité. Vous n’avez certainement pas une baisse de l’activité terroriste. Et les gens n’ont certainement pas moins peur. Je ne pense pas que la surveillance soit efficace.
Je ne pense pas que cela soit la solution. Je pense qu’il faut rechercher un modèle plus libre
comme on le voit en Allemagne ou aux Pays-Bas, où les gens n’ont pas besoin de regarder par dessus leur épaule. Et pourtant, ils arrivent à former une société décente. Les USA ont conçu une technique très élaborée de
surveillance, de domination, de contrôle, de subversion, d’affaiblissement des mouvements nationalistes, de
diffusion de rumeurs, de violence si nécessaire. Ils ont mis en place la police des Philippines avec une
force paramilitaire si la violence était nécessaire, mais le plus gros s’est fait avec la surveillance, le contrôle,
la subversion. Très élaborée, très minutieuse. Elle s’est répandue dans les
campagnes. Toujours en place. C’est pour cela que les Philippines
est le seul pays d’Asie qui n’a pas connu la forte croissance
économique des 20 dernières années. Toujours un état de torture et de surveillance. Et ces techniques ont été ramenées aux
USA et dans d’autres pays industrialisés. Pendant la deuxième guerre mondiale,
les mêmes techniques ont été utilisées et elles le sont toujours. Il existe une interaction
entre la torture, la surveillance, le contrôle, la domination à l’étranger et l’utilisation
de techniques similaires chez nous. Le parallèle avec ce qui se passe
dans nos pays industrialisés, avec toutes ces technologies qui envahissent nos libertés,
est arrivé une fois par le passé, quand l’Église était à son plus
haut niveau en Europe. Cela semble être une triste comparaison,
mais c’est la seule vraie comparaison. Le contrôle total, ou les efforts pour avoir le contrôle
total sur la pensée et les actions des gens, à la fin de la période médiévale, juste avant la renaissance,
quand l’Église était si doctrinaire. même tués s’ils étaient considérés
comme des hérétiques. Si les gens n’étaient pas d’accord, ils étaient punis, même tués s’ils étaient considérés
comme des hérétiques. Où tout le monde doit croire la même chose, se comporter de la même façon,
aller à l’église le dimanche. C’était contrôlé et imposé de manière stricte. Et c’était imposé également
par la surveillance. La surveillance par la communauté, par les membres de la
communauté, du confessionnal dans l’église. Une sorte de totalitarisme était pratiqué sur les gens. Un totalitarisme plus fort que celui du nazisme et du stalinisme, de la même
manière que le stalinisme, qui n’y parvint pas vraiment, de contrôler ce que les gens pensaient et croyaient. Parce que si vous faites croire à des enfants que des
policiers invisibles les regardent tout le temps, alors cela influence leurs actions. Même ce qu’ils pensent, même s’ils ne
parlent pas, même s’ils ne font rien. Ce degré de surveillance, ce degré de contrôle
sur les gens, était bien sûr le rêve de l’Église. C’est ce qu’ils auraient aimer faire à 100 %. C’est la
seule époque qui soit semblable à notre époque. Notre époque actuelle ressemble presque
à l’inquisition de Torquemada où tout le monde est sous un
maximum de surveillance. L’idéal pour les services de sécurité serait non seulement de savoir ce que les
gens font, ce qu’ils disent, où ils vont, où ils sont allés, à quelle date, à
quelle heure, mais aussi ce qu’ils pensent. L’idée que l’œil de Dieu vous suit constamment.
Vous savez que vous devez vous comporter en bon citoyen, parce que vous savez que Dieu vous regarde.
Et vous ne pouvez pas échapper à l’œil de Dieu. La vidéosurveillance a remplacé l’œil de Dieu.
Dans une société post-religieuse, la vidéosurveillance est l’œil de Dieu. C’est la force qui vous
regarde et vous empêche de mal vous conduire. Ils disent à tout le monde qu’il y a un policier,
un policier invisible universel qui sait tout. Il peut vous écouter penser et voir ce que
vous faites tout seul dans l’obscurité. C’était l’idéal de la surveillance totale. Le fait que
l’Église puisse persuader les gens est réel. Et elle contrôlait leurs comportements. Mais avec la
diminution de la force de ces convictions religieuses, avec de plus grosses maisons, plus de richesses, de plus en plus de gens ont pu reprendre,
un grand morceau de leur vie privée. Et je dirais, peut-être vers la fin du
19e siècle, début du 20e siècle, la plupart des gens dans les
sociétés les plus avancées avait un genre de vie privée et un niveau de vie privée dont
nous pouvons seulement rêver aujourd’hui. Alors que les technologies progressent, que
la situation de la sécurité s’est détériorée, alors que les pays sont devenus plus complexes avec un besoin d’efficacité bureaucratique,
le droit à la vie privée a encore diminué très rapidement durant les 10, 20 dernières années.
Aujourd’hui, nous n’en avons plus. Je vais vous donner un exemple. Il y a des
gens formés spécialement pour regarder les écrans de vidéosurveillance. Ils
observent le comportement des gens. À partir de cela, ils pensent pouvoir deviner si un individu pense à quelque chose de mal,
s’il va faire quelque chose dans cinq minutes. Ils peuvent arrêter cet individu
avant qu’il n’agisse. Ils essaient de pénétrer même les pensées,
les intentions et les désirs des individus. L’Amérique est devenue un endroit
effrayant depuis le 11 septembre Des milliers de gens ont été arrêtés. Nous ne savons pas comment ils s’appelaient. Ils ne
connaissaient pas leurs chefs d’accusations. Beaucoup ont été expulsés du pays.
Beaucoup étaient détenus. Le bruit de la chute entraînée par la surveillance a un effet puissant. Les gens ont peur, surtout les immigrés qui sont inquiets, parce qu’ils
ont peur de ce qui pourrait arriver Je marchais dans Amsterdam et je suis arrivé à
un pont, du nom de Gerrit van der Veen. Il se trouve que le pont portait le nom du leader d’un raid de la résistance hollandaise sur le
bureau d’état civil d’Amsterdam en 1942. Pourquoi ont-ils attaqué le bureau d’état civil? Parce que le bureau d’état civil d’Amsterdam
détenait une liste de la population entière, avec une description de chaque
individu, avec leur religion. Et elle était utilisée par les Nazis pour arrêter les
gens et les envoyerdans des camps de concentration. Le raid ne fut pas un succès. En partie, parce que, des
dossiers de papier entassés ne brûlent pas facilement, et parce que le leader du raid fut tué.
La plaque commémore cet événement. Le pont porte le nom de ce leader. J’ai appris récemment
que de nombreux quartiers d’Amsterdam ont une rue qui porte son nom, en tant
qu’héro de la résistance. Je me reporte toujours à la 2e guerre mondiale et à la Rose Blanche. C’était un frère et une sœur en Allemagne, Hans et Sophie Scholl. Ils n’étaient pas juifs mais chrétiens.
Quand le nazisme était à son apogée, Hans et Sophie se sont demandés ce qu’ils pouvaient faire. Ils ont pensé que le mieux était de divulguer des informations, pour que les Allemands ne puissent pas dire qu’ils ne savaient pas. Ils ont crée avec leur professeur une série de pamphlets sur ce qui se passait et ils les ont distribués partout. Je compare cela aux médias aujourd’hui. En haut du quatrième pamphlet, il était écrit: “Nous ne nous tairons pas!” Hans et Sophie et leur professeur furent arrêtés par les nazis. Ils furent jugés, condamnés et décapités. Mais cette philosophie, ce leitmotiv, devrait être le serment d’Hippocrate des médias
aujourd’hui. Nous ne nous tairons pas! Les régimes démocratiques, qui ont combattu les
régimes totalitaires, ont reçus de nombreuses plaintes dont l’une d’elle est: vivre dans un état police,
c’est vivre sous surveillance constante. Les gens écoutent en cachette et cambriolent votre
appartement, consultent vos documents privés, etc. Ils se plaignent u manquement à la vie
privée, de la surveillance totalitaire, du fait que tout le monde ans la société doit suivre un ordre,
avec très peu d’individualité et de vie privée. Maintenant les régimes démocratiques font la
même chose, mais de manière plus complète et plus efficace, parce qu’ils ont de
meilleurs outils ue les régimes totalitaires. Ils obtiennent beaucoup d’équipement, d’attention. Même si cela ne nous aide pas vraiment à nous sentir en sécurité,
cela contribue à diminuer notre droit à la vie privée. Quand un policier passe dans une rue en voiture à 50 km/h et passe en revue les plaques
d’immatriculation des voitures garées et peut voir qui a une contravention impayée,
qui n’a pas payé sa pension alimentaire, qui est recherché et pour quel crime,
et tout cela en 30 secondes. Quel service de police, quel gouvernement
ne voudrait pas de ce pouvoir? Les gens qui utilisent les renseignements
obtenus par la surveillance, doivent penser qu’ils en tirent un bénéfice
ou ils n’en paieraient pas le coût. Si vous parlez de la surveillance dans le sens un peu
sinistre dans lequel le mot est généralement employé, alors il est difficile de dire qui en bénéficie. Les services chargés de faire respecter la loi, une fois qu’ils sont habitués à un outil de surveillance,
pensent sûrement ne pas pouvoir travailler sans cet outil. Les gouvernements et les forces de l’ordre aiment que tout soit simple. Ils aiment que tout soit prévisible, ils aiment connaître l’emplacement de tout. Si vous demandez à n’importe quelle force de l’ordre à quoi ressemblerait leur monde idéal, ils vont diront un état policier, bien sûr. La description qu’ils vous feront
sera celle d’un état policier. Non pas parce qu’ils sont fascistes
ou quelque chose comme ça, mais parce qu’ils savent comment le faire
fonctionner. Cela aurait un sens pour eux. S’ils savaient où tout le monde
se trouvait tout le temps, s’ils savaient qui appelle qui, qui parle à qui et qui envoie des emails à qui, ils penseraient:
“C’est bien. Maintenant nous pouvons travailler.” Les gouvernements ont des fonds illimités et ils n’ont aucun problème pour jeter l’argent par les fenêtres, en jouant avec des technologies qui ne fonctionneront peut-être pas. Ils obtiennent beaucoup d’équipement. Ils
obtiennent certainement beaucoup d’attention. Est-ce que nous sommes plus en sécurité? Pas nécessairement.
Mais cela diminue notre droit à la vie privée. Et c’est ce genre de choses
qu’il est difficile d’arrêter. Essayez de prendre un policier en photo, essayez de pointer
l’objectif sur eux, et vous verrez une réaction très différente. Vous violez leur vie privée. Mais je pense
qu’il faut le faire de plus en plus. La vie privée, c’est bien, mais nous nous y habituons, nous
nous habituons à être observés. Je dois y aller… Avez-vous une pièce d’identité? Avez-vous tous une pièce d’identité?Qu’est-ce
que vous faites? Que filmez-vous? On vient de recevoir un appel
des gars de la sécurité … Gros immeubles, immeubles
de sécurité, ils s’inquiètent… Aujourd’hui, la police fonctionne principalement
à travers sa propre organisation sociale. Elle a des centres de commandement. Les policiers font leurs rondes et peuvent demander des renforts.
Ils arrivent en voiture, ils ont un système d’archives élaboré. Dans un sens, cette organisation en tire des avantages.
Ils pensent qu’ils peuvent faire un meilleur travail. Ils diraient que la population en tire des avantages.
Certains seraient d’accord, d’autres ne le seraient pas. En Occident, en Europe, en Amérique du Nord, peut-être
que le sentiment d’être surveillé est plus tolérable. Vous n’avez qu’à vous rendre en Colombie,
au Zimbabwe, en Chine, au Vietnam, pour vous rendre compte de ce que la surveillance, dans les
mains de régimes draconiens, peut vouloir dire pour ces peuples. Cela peut conduire à des exécutions extrajudiciaires, à des meurtres. Cela peut conduire à des détentions arbitraires. Cela peut justifier des procès injustes. Des individus peuvent être détenus sans fin en
prison, sans appel, pendant des années. Et même nos soi-disant démocraties libérales, pendant ces 10 dernières années, ont choisi, via la
surveillance et la violation du droit à la vie privée, d’arrêter des gens dans la rue, et de les envoyer
dans des endroits comme Guantanamo Bay, où, sans recours à la justice ordinaire, les gens dépérissent de manière illégale, illicitement. Les conséquences de la complaisance du citoyen
pour cette société de surveillance peuvent être graves. Alors que la société s’habitue aux formes actuelles de
surveillance, de nouvelles formes deviennent acceptables, se rapprochent de nous. Il est très difficile,
quand vous appartenez à une société qui renforce sa surveillance, de voir quand on atteint la limite, car l’étape
suivante semble toujours raisonnable. Chaque étape est raisonnable car
vous vivez déjà dans la surveillance. Vous vous y habituez, vous
savez comment ça marche. On vous fait croire que c’est efficace. Et petit
à petit, ces processus d’expansion, d’intensification de la surveillance arrivent, sans forcément
que vous vous en rendiez compte. Il est très difficile de dire dans une société où se situe la limite. En fait, nous savons grâce à l’Histoire, que vous
pouvez vivre ans une société démocratique un jour et dans un état fasciste le lendemain. Et vous ne
savez pas exactement quand cela s’est produit. La limite est celle que vous n’avez pas encore franchie.
Et la limite est un choix, la limite est un choix politique. C’est une question de politique.
Elle se trouve là où nous la plaçons. Si vous vous demandez comment
combattre la surveillance, comment s’y opposer, nous devons
décider de la limite. CONTRE-SURVEILLANCE La meilleure contre-surveillance, pour empêcher de se faire observer, est
de savoir où se trouvent les caméras, de faire passer l’information,
et de les éviter ou de les brouiller. Une chose que la technologie
et que les ordinateurs ont changé est le fait que l’on n’ait plus besoin d’une armée ou d’un
gouvernement pour faire quelque chose d’efficace en ligne. Un individu ou un petit groupe de gens peuvent
apporter des changements énormes. Est-ce quelque chose de positif qui pourrait
apporter des avantages sociaux? En ce moment en Iran, il y a beaucoup des
activistes et de hackers, et de techniciens qui travaillent avec des
activistes de la démocratie et des défenseurs des droits de
l’homme. Et sur une échelle moindre par rapport à la force et la puissance des gouvernements et des organisations
militaires. Mais un petit groupe peut apporter un changement énorme. Il ne faut
pas beaucoup de gens. Les militaires sont derrière
les développements. Nous observons aujourd’hui
de simples gens de la rue qui s’en prennent aux États nations, à des
entités beaucoup plus grandes qui, en termes militaires,
leur seraient inaccessibles. L’internet et les cyber-attaques ont rendu les gens plus forts. La question est: Jusqu’où cela ira-t-il?
Et comment cela évoluera-t-il? Nous pourrions faire sauter les transmetteurs de télé.
Ça serait bien pour commencer. Si vous connaissez des gens qui peuvent faire ça, je serais heureux de leur envoyer de l’argent.
Je crois que la première chose à faire est de se débarrasser de la pensée
monolithique produite par les médias. C’est encore
cette question de “propagande”, du fait que tout le monde pense la même chose tout le
temps, parce que les journaux et la télé font paraître certains sujets plus importants
et les autres n’existent même plus. L’entraide du côté de l’attaquant est plus fluide,
plus efficace que du côté du gouvernement, parce que les gouvernements, surtout les
démocraties, sont parfois handicapées Je ne comprends pas pourquoi
les gens ne sont pas en colère. Si vous décidez de faire quelque chose qui va semer le trouble, vous pouvez provoquer le changement de pas mal de choses. Le vrai danger est que les gens s’en rendent
compte. Le vrai danger pour le statu quo est que les gens s’en rendent compte. Alors le
statu quo aura de gros problèmes à régler. Le premier problème des activistes
est de prendre le contrôle du programme, au lieu de laisser les gouvernements
contrôler le programme. Ce que j’entends par programme
est un ensemble de choses quisont importantes à nos yeux
et qui valent la peine d’en parler. Si nous laissons les gouvernements décider
de cela pour nous, s’ils décident du programme, nous parlerons des choses
dont ils veulent que nous parlions. C’est très dangereux. Cela signifie
qu’ils contrôlent nos réponses. Une des choses troublantes dans notre monde actuel est ce que George Orwell appellerait le double langage. D’un côté, les gouvernements
parlent de liberté, de démocratie, et ils font même la guerre
pour protéger la démocratie. Mais d’un autre côté, ils permettent cette invasion de la vie privée et cette diminution des
libertés civiles au nom de la sécurité. Nous allons protéger la démocratie en vous l’enlevant.
Nous allons protéger votre liberté en vous l’enlevant. Nous allons renforcer vos libertés civiles d’une démocratie
libérale en diminuant le degré de vos libertés civiles. C’est une hypocrisie, un profond paradoxe dans nos sociétés, le discours politique d’un côté et l’actualité de
l’autre sont deux choses très différentes. Oui, c’est tout à fait normal. Pourquoi un système basé sur la puissance et la domination dirait-il aux gens ce qu’il fait? Bien sûr qu’ils veulent garder leurs expériences secrètes.
Les médias et les classes politiques élues les y aident en ne divulguant pas les informations
ou en les donnant hors contexte. Le contrôle, le maniement de la langue est une technique majeure de propagande, de pression, pour faire changer les perceptions. En fait, il existe des maîtres de
la rhétorique qui le font. L’un d’eux vient tout juste de
recevoir le prix Nobel de la paix. La propagande est une chose grave et nous devons la déceler. Nous devons reconnaître lorsque nous subissons la propagande. Parce qu’elle est souvent utilisée pour justifier la politique
très problématique d’un gouvernement. Par exemple, la préparation de l’invasion
de l’Iraq en 2003, les histoires, les mythes, les mensonges sur les armes de destruction massive qui furent répétés sans cesse par l’administration de Bush. Si le président Bush avait pris un
mégaphone devant la Maison Blanche, il aurait convaincu quelques personnes, mais il avait quelque chose
de bien plus puissant. Il avait les médias américains,
plus puissants qu’une bombe, plus puissants que tous les missiles. Le Pentagone
utilise les médias et nous devons les récupérer. Certains gouvernements ont dit que le premier devoir d’un gouvernement est
d’assurer la sécurité de son peuple. C’est faux. Son premier devoir est d’assurer la liberté
de son peuple. Ce qui revient à dire aux gens: “Être libre représente un risque, vous ne pouvez pas
être en sécurité et libres. Mais vous devez l’accepter parce que vous
êtes un adulte et vous devriez le comprendre.” Si le système de surveillance est parfait, si
l’État a un système de surveillance grâce auquel il peut contrôler tout ce que tout le monde fait
tout le temps et s’il le fait de manière tellement efficace que les personnes numériques
ne s’en rendent pas compte, quel est le problème? C’est trop de pouvoirs pour quelqu’un de mal
intentionné ou pour quelqu’un de bien intentionné. Donner ce genre de pouvoir à quelqu’un de haut placé serait trop tentant pour ne pas en abuser. Si vous observez des rats,
ils deviennent névrotiques. Mettez un rat sous observation, regardez-le. La plupart des animaux, si vous
les regardez, deviennent agités. Ils cessent de fonctionner normalement.
La même chose se passe avec les humains. Nous empêcherons les gens de
se comporter normalement. Nous modifierons le comportement des gens.
Nous modifierons la façon dont ils voient leurs relations, pas seulement entre eux, mais aussi avec leur
gouvernement, avec les institutions qui les entourent. Ce n’est pas mon monde. Je veux
un monde où nous sommes libres. Nous vivons dans une société de
surveillance, observée de près. Si tout le monde se rendait compte qu’on les
regarde tout le temps, cela changerait leur comportement, où ils vont, ce qu’ils font
et qui ils rencontrent. La structure de la société peut être modifiée
défavorablement par la façon dont la société s’observe. Chaque pays a été touché par le climat de guerre contre la terreur.
On a pu le voir avec la tolérance pour les procès inéquitables. On a pu le voir avec l’augmentation
du temps de détention arbitraire, qui est l’ultime invasion de la vie privée en termes de votre
personne physique, de votre espace personne. Être détenu de force et ne pas avoir accès
à votre travail, votre famille, votre maison. La tragédie de l’histoire est que, pendant un court instant, pendant lequel des hommes dans le monde pourraient être libres dans la mesure du possible de la société et des
relations, cet instant de liberté est déjà réduit à cause de toutes ces
peurs sur la sécurité. Nous avons appris au cours des
années, et même des siècles, que si vous voulez la liberté et si vous voulez
la justice, vous allez devoir vous battre. Il y a des systèmes de pouvoirs qui ne veulent pas vous les donner, pour de bonnes raisons et ils feront tout ce qu’ils peuvent pour empêcher l’exercice de la liberté et même des droits formels. Si vous les voulez, il faudra travailler pour. Le grand abolitionniste, qui fut un esclave et dénonça l’esclavage, avait
un journal, le North Star, qui publiait des histoires sur les esclaves
et sur les problèmes de l’esclavage. Il a dit que le pouvoir n’accorde rien si l’on en fait pas la demande. Cela a toujours été le cas, et cela le sera toujours. Les gens doivent pouvoir se sentir en sécurité
et libres pour faire ces demandes. Nous devrions faire beaucoup d’efforts et dépenser de l’énergie pour protéger nos libertés civiles autant que possible. Si nous ne le faisons pas, elles disparaîtront.
Si vous ne vous battez pas, vous perdez. C’est à cause de ce que les
gouvernements veulent faire et pensent être leur devoir que nos libertés
civiles et notre vie privée sont amoindries. Les droits de l’Homme ne sont pas un luxe. Les droits de
l’Homme sont nés et ont été prononcés face à l’horreur, face à l’État qui trahit le citoyen d’une manière ultime. Les droits
de l’Homme ne sont pas un luxe. Ils sont essentiels pour une société durable. Beaucoup de libertés ont été gagnées au fil des ans.
L’Argentine n’est plus ce qu’elle était sous la dictature. Et les États-Unis ne sont pas
ce qu’ils étaient avant. Beaucoup de gens ont gagné
leur liberté en se battant, e qui a imposé des limites à la capacité des systèmes
de puissance à contraindre et à contrôler, mais le combat ne s’arrête jamais. Et il ne s’arrêtera
jamais, tant qu’il y aura une hiérarchie, une domination, une concentration du pouvoir, etc. Au fil des années, il y a des
améliorations et si les gens se dévouent, ils peuvent construire une société
plus libre et plus juste. Mais cela n’arrivera pas tout seul. Et il y
aura toujours des forces qui s’y opposent. Nous savons qu’il y a déjà une perte de la vie privée. Cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas la reprendre, qu’on ne peut pas se battre pour renverser ce qui est arrivé.
On peut utiliser les idées de la déclaration des droits de l’Homme pour
essayer de regagner notre vie privée. Je ne comprends pas pourquoi
les gens ne sont pas en colère. Je ne comprends pas pourquoi les
gens ne sont pas dans la rue par milliers. Quand le gouvernement a présenté
le projet de détention de 42 jours, les gens se sont mis en colère parce qu’ils pouvaient se mettre à la place de la personne traitée de cette façon. Quand le gouvernement fait quelque chose à une population
entière, quand il réduit le droit à la vie privée de millions de gens, alors brusquement, on n’entend plus rien. Les gens s’y
intéressent bien sûr, ils s’y intéressent, mais ce n’est que quand une personne
précise est impliquée, a été démolie par l’État, que les gens
descendent dans la rue.

3 thoughts on “Article 12: Waking up in a surveillance society

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